Un blog pour quoi faire ?

Pour hurler avec les autres ! Pour participer à la vaste clameur du web, pour y ajouter mes bavardages. C’est avec une grande régularité que je prends la décision d’écrire dans des blogs : quelques textes dérisoires et je suis happé par une autre tocade.
C’est en général le symptôme d'une crise de procrastination. Je me suis mis en tête de devenir écrivain, j’ai brulé mes galères, j’ai abandonné tous mes autres projets pour me consacrer à cette vocation tardive. J’ai fait un plan, commencé à écrire, et la médiocrité de ce que je produisais m'a effaré. J’ai mendié l’avis de mes proches, je les ai suppliés de me lire : j’ai bien compris à leur gêne que c’était effectivement mauvais. Je me suis repris j’ai réussi à pondre une trentaine de pages potables, puis le trou ; impossible de retrouver ce qui m’avait porté. Mon esprit retors a alors cherché d’autres projets, d'autres raisons d’abandonner celui-ci, j’ai fait un compromis : le blog. Le blog pour écrire quand je n’écris pas mon roman, le blog pour m’éviter d’aller perdre mon temps dans de lamentables empoignades sur des forums, le blog pour écrire n’importe quoi sur n’importe quoi, mais pour écrire quand même, le blog comme remède, le blog pour me forcer à me faire face.
Mais pourquoi ne pas écrire un journal intime ? La réponse est simple : pour me mettre en scène ! Pour avoir l’impression que quelqu’un me lira. Pour avoir l’impression d’avoir déjà un public, pour exister en tant qu’écrivain, pour raconter des choses que d’autres liront.
J’ai perdu deux jours à créer ce blog. Mes pulsions procrastinatrices m'ont poussé à ne pas faire un choix simple et direct. Il existe des plateformes gratuites et simples d’utilisation comme Blogger ou Tumblr : non, trop simple, trop facile. Il me fallait du 'sur mesure', et tout d’abord quelque chose pensé pour l’écriture. Vanité tout est vanité, Denise Legrix écrivait avec sa bouche, Huang Guofu sue l'on voit en plein travail un peu plus haut, peint avec ses pieds et sa bouche. Ensuite j’ai trouvé que Svbtle et Ghost Pro, les gestionnaires de blog pour écrivains si l'on en croit leurs promoteurs, étaient trop chers, j’ai donc opté pour la version gratuite de Ghost qu’il faut installer soi-même. Mais où ? Rien n’est donné et le plus ridicule des serveurs virtuels d’Amazon coûte au bas mot 10$ par mois, sans compter l’adresse dédiée. J’ai alors cherché une solution que l’on dit statique. Ghost statique sur Github Pages, ça existe grâce à une excellente idée d’un hacker nommé Akshit Khurana (il prend un instantané du blog local et le recopie sur Github). Il a fallu ensuite traduire beaucoup de choses en français, je passe sur les innombrables mises à jour de Python, de Xcode sur mon Mac, de brew, etc. Finalement voici une solution un peu bancale, mais gratuite et dédiée à l’écrivain qui se cache (bien) au fond de moi, et ne veut pas sortir.
Je vais publier ce premier billet, et tâcher de l’oublier assez vite, l’étalage de mes misérables subterfuges pour ne pas faire ce que je me suis promis de faire me déprime un peu pour tout dire.

P.S. J'ai finalement opté pour RunKite dans un premier temps puis pour DigitalOcean, tout compte fait 5$ par mois ça reste dans mes cordes et je n'ai pas à trop me soucier de l'intendance. J'ai préféré DigitalOcean à RunKite car il permet une meilleure personnalisation, Runkite est certainement mieux adapté aux besoins de ceux qui n'ont pas un sombre passé de hacker.